PLANET DESTROY

18 février 2013

Danone et sa mega ferme en Arabie

"Notre futur repose sur notre capacité à explorer et inventer de nouveaux business modèles et de nouveaux types d'entreprises."

Franck RIBOUD PDG de Danone

Il est pour le développement durable Monsieur (comment dites-vous?) Franck Riboud? Lisez l'article de madame Suzanne OLLAGNON et vous allez être servi en invention de "nouveaux business modèles" et vous allez regarder à deux fois avant de boire du lait. N'oubliez pas que Danone mange à tous les rateliers en "faisant" du Bio avec la marque "les deux vaches". A éviter bien sûr.

Et voici un article de Suzanne OLLAGNON reproduit in extenso.

Miroir grossissant [un article de Suzanne Ollagnon]

mardi 13 juillet 2004.

Grâce à la présentation d’une méga-ferme parachutée dans le désert d’Arabie Saoudite (tirée d’une revue éditée par Danone) apparaît une image grossie de l’agriculture productiviste mondialisée. Y répond un plaidoyer pour une agriculture non dévoyée, une agriculture éco-écologique. Article de résistance qui s’inscrit dans la relation réaffirmée entre polycultures écologiques et diversités culturelles.

Suzanne Ollagnon est fromagère dans une ferme en bio-dynamie au Sud-Ouest de Lyon.

Les lignes qui suivent sont rédigées à partir d’un article intitulé Visite guidée de la plus grande ferme du monde, paru dans la revue Le producteur de lait (nov./déc. 2003), éditée par Danone en France et destinée aux agriculteurs qui vendent leur lait à Danone. Les citations sont en italique.

En Arabie Saoudite, à 100 kilomètres de Ryad, au milieu du désert qui reçoit quelques dizaines de millimètres d’eau par an et où la température peut dépasser 50°C en été, ON a imaginé et réalisé grâce à la volonté du Prince Abdoullah Al Faisal Al Saud et son groupe Al Faisaliah une méga-ferme.

Là vivent 32 000 vaches ou génisses (dont 16000 vaches en lactation) de race Holstein en stabulation libre avec des structures couvertes équipées de rideaux et de ventilation humides. Les vaches sont traites trois fois par jour dans 6 salles de traites (qui comptent entre 80 et 120 postes de traite) et donnent 165 millions de litres de lait par an (452000l/j). Le lait est refroidi et envoyé quelques centaines de mètres plus loin à l’usine de produits laitiers frais Al Safi, qui appartient à la filiale du groupe Danone : Danone AlSafi.

Ainsi, au milieu du désert, côte à côte, une usine à fabriquer le lait et une usine à transformer le lait.

50% de l’alimentation (foin, luzerne) sont produits sur l’exploitation grâce à l’irrigation qui va parfois pomper l’eau à plus de 1800 mètres ! Le reste est acheté sur le marché mondial en fonction des besoins protéiques et énergétiques fixés par les nutritionnistes et des opportunités du marché : maïs, orge, soja, graines de coton, pulpe de betteraves....

Dans cette ferme travaillent 1 400 personnes , des manœuvres locaux, et des généticiens, des nutritionnistes, des vétérinaires (une dizaine de vétérinaires est là pour traiter les vaccinations et autres maladies éventuelles) anglais, australiens, hollandais.

 

Puis Danone médite:

Dans un pays où l’eau est deux fois plus chère que l’essence, le bilan de l’exploitation en terme d’utilisation d’eau laisse songeur : entre l’irrigation des cultures, l’aspersion régulière des stabulations pour maintenir un climat acceptable et les quantités bues par les vaches, plus de 500 litres d’eau sont nécessaires pour produire un litre de lait !... La ponction d’importantes quantités d’eau dans la nappe aquifère pose aussi des problèmes de salinité qui ont même poussé la ferme à délaisser les hectares irrigués les plus proches pour aller cultiver le fourrage quelque 200 kilomètres plus loin, là où la nappe était plus abondante et plus accessible. De quoi se poser des questions à l’heure où l’on parle beaucoup de développement durable.

 

Et DANONE conclue pour ... rassurer le producteur de lait français :

Est-ce un modèle extrapolable ? Les quelques éléments relatés montrent clairement dans le cas de la ferme Al Safi les limites économiques d’un tel système. Un autre point concerne bien évidemment les conséquences en terme d’aménagement du territoire et de "ruralité" : la plus grande ferme du monde est née au milieu du désert et ce n’est pas par hasard. Pour autant serait-on prêt à désertifier nos campagnes pour développer ce système ? La réponse semble évidente. Mais même si le modèle de la petite exploitation semble aux antipodes de ce type de production industrialisée, il est bon de savoir que d’autres modèles existent dans le monde et que la volonté et l’ambition ont aussi permis de développer des systèmes originaux.

 

Vous connaissez maintenant la ferme Al Safi et le discours raisonné tenu par Danone pour ses fournisseurs de lait.

A mon tour de vous faire partager quelques réflexions !

Voilà donc une ferme gigantesque "hors sol". On sait depuis longtemps que l’on peut fabriquer du camembert ailleurs qu’en Normandie ! Mais parachuter une ferme en plein désert et créer la ferme la plus grande du monde ! Quel est ce rêve qui veut mettre bout à bout oléoduc et lactoduc, faire cohabiter or noir et voie lactée ? Miracle des produits financiers du pétrole qui donnent le pouvoir total, celui qui se moque du temps et de l’espace. Qui peut faire surgir, faisant abstraction du milieu géographique, climatique et historique, une ferme, prédatrice de la terre et de ses réserves d’eau au nom d’un modèle productiviste, une méga-ferme hors contexte local mais bien intégrée dans le marché mondial des matières premières et inspirée de l’idéologie techniciste commune du vivant.

Une usine à lait, avec des vaches comme capital circulant.

L’agriculture non dévoyée est pourtant dans son esprit et ses pratiques l’activité humaine la plus éco-écologique qui soit. L’agriculteur sait utiliser les dons et faiblesses d’un lieu, les exploiter avec connaissance et mesure pour produire des biens qui nourrissent les hommes. Il cherche même à produire avec "économie", en consommant le moins d’intrants et d’énergie possibles. Il ne prélève sur la nature que ce qui est nécessaire grâce à des façons culturales pertinentes et plus économiques que les ajouts de désherbants ou d’engrais grands consommateurs d’énergie. Il existe une agriculture qui est économe de tout et qui ne jette et donc ne rejette rien. Les dits "sous-produits" sont intégrés à la production : paille pour la litière, fumier pour le compost, sarments de vigne pour allumer la chaudière, petit lait pour nourrir les cochons, déchets du tri des céréales pour les poules...La prédation et la pollution de la terre sont des manquements à l’esprit de l’économie, je veux parler de l’économie rendue à son domaine spécifique . Quand l’agriculture devient productiviste, c’est exclusivement au profit d’un ou plusieurs autres secteurs économiques et sur le dos de la terre. Ainsi survit la ferme Al Safi.

L’agriculture économique est écologique.

Mieux encore ! L’agriculture non dévoyée ne se contente pas de maintenir la vie, elle vivifie la terre. Elle ne l’exploite pas, elle la bonifie. Dans la ferme Al Safi, une fois la terre devenue trop salée par l’irrigation, on va plus loin et on recommence... Dans une oasis, grâce à l’eau et aux hommes, on crée des îlots de vie au milieu du désert qui demeurent.

L’agriculture est tout un art...enfin, disons qu’il y a un art de cultiver comme il y a un art d’éduquer. Un enfant se présente avec ses dons/faiblesses, ses potentialités/entraves, individualité unique. L’art de l’éducateur consistera à permettre l’expression de tous ces éléments avec la vie qui se pointe dans sa chronologie pour que l’homme se déploie. Ce qu’on lui apprend en "prêt à penser" est secondaire.

L’agriculture est l’art de travailler le sol et d’élever des animaux en valorisant toutes les particularités d’un lieu. L’essentiel est de comprendre la vie qui se présente en ce lieu, de pénétrer les solidarités cachées vivant entre les différents règnes. Ce qu’on apporte en "prêt à pousser" est secondaire.

Il y a une relation réelle entre le développement de la bio-diversité dans l’agriculture et l’épanouissement des individualités. Une monoculture des esprits voudrait bien nous faire oublier ce lien entre bio-diversité et liberté.

Je propose d’écouter Vandana Shiva :

"Percevoir la diversité signifie percevoir toutes ses composantes quelque soit leur petitesse ou leur grande taille, et reconnaître que les rôles et l’interdépendance de toutes ces parties posent des limites à l’exploitation des autres espèces, des limites à l’arrogance du genre humain. L’exemple même de la haute productivité des systèmes fondés sur la diversité est celui des champ à neuf graines (navdanya) ou à douze graines (barnaja). Ils produisent beaucoup plus que n’importe quelle monoculture. Ils ne disparaissent pas à cause de leur faible rendement, mais parce qu’ils ne demandent pas d’intrant, puisque les céréales y poussent en symbiose avec des légumineuses qui leur fournissent de l’azote. La production de ces champs, très diverse, procure à une famille tout ce dont elle a besoin. Cette diversité va à l’encontre de la mono-production de masse à but commercial. La prudence écologique réside dans les polycultures, et procure la liberté. Recouvrer la diversité de la production est le moyen de s’opposer à la mondialisation qui détruit les modes de vies, les cultures et les écosystèmes du monde entier. En multipliant nos options, nous créons les outils de la résistance et de la reconstruction."

Et encore :

"Brûlent nos terres, 
Brûlent nos rêves 
Versez de l’acide sur nos chants 
Couvrez de sciure 
Le sang du peuple massacré 
Etouffez de technique 
Les cris de tout ce qui est libre, sauvage ou indigène. 
Détruisez 
Détruisez 
L’herbe et le sol, rasez jusqu’à la terre 
Toute ferme, tout village 
Qu’ont construit nos ancêtres 
Tout arbre, toute maison 
Tout livre, toute loi 
Et toute justice, toute harmonie. 
Aplatissez de bombes toutes les vallées 
Effacer de vos édits notre passé, 
Notre littérature, notre image. 
Dénudez les forèts et la terre, 
Qu’aucun insecte 
Aucun oiseau 
Aucune parole 
Ne trouve à se cacher. Allez-y et faites davantage. 
Je ne crains pas votre tyrannie. 
Je ne désespère jamais 
Car je garde une graine 
Une petite graine vivante 
Que je conserverai 
Et planterai à nouveau."

(Vandana Shiva : Ethique et agro-industrie - Main basse sur la vie, 1996,Editions : L’Harmattan)

Les miroirs grossissants font voir que le temps est venu de résister et de fabriquer des outils de libération.

Les dessins sont de Claire Ollagnon ou ollagnon.c@intactile.com

 

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17 février 2013

Pêche il y a 6 ans déjà, petit rappel

Pêche: la quasi-totalité des poissons risque de disparaître des océans d'ici 2050  (vendredi 3 novembre 2006, 10h08 )

 

Par Jean-Louis SANTINI

 

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WASHINGTON (AFP) - La quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront disparu des océans avant 2050 si les tendances actuelles se poursuivent, ont mis en garde jeudi des scientifiques américains et canadiens.Cette disparition accélérée de la biodiversité marine résultant de la pêche excessive et de la pollution menace la sécurité alimentaire de la planète et l'environnement, affirment ces biologistes et économistes dans l'étude la plus exhaustive réalisée à ce jour sur ce sujet et publiée dans la revue américaine Science datée du 3 novembre. "Nos analyses indiquent que sans changement, la situation actuelle laisse présager de sérieuses menaces sur la sécurité alimentaire mondiale, la qualité des eaux côtières et la stabilité de l'écosystème qui affecteront les générations actuelles et futures", écrivent-ils.

"Que l'on regarde les résultats d'expérimentations en laboratoires ou des études portant sur l'ensemble des océans, on fait le même constat, à savoir que la productivité et la stabilité de tout l'écosystème marin diminuent", explique Boris Worm, un biologiste à l'université d'Halifax (Nouvelle-Ecosse), un des co-auteurs.

A ce stade, "29% des espèces de poissons et de crustacés sont en passe de disparaître", précise Boris Worm ajoutant que "les prises de pêche de ces espèces ont diminué de 90%" ces dernières années. La morue de l'Atlantique nord a déjà atteint le point de non-retour et est considérée quasiment éteinte.

"Si cette tendance se poursuit, tous les stocks de poissons et de crustacés pourraient être épuisés d'ici 2048", a ajouté Boris Worm.

Cette recherche effectuée pendant quatre ans révèle également que la disparition d'une seule espèce accélère le dérèglement de l'ensemble de l'écosystème.

A l'inverse, toute espèce qui retrouve un taux normal de reproduction contribue à la santé et à la stabilité des océans ainsi qu'à leur capacité d'absorber des chocs comme la pollution et le réchauffement du climat.

Ces scientifiques expliquent que la perte de biodiversité réduit profondément la capacité des océans à produire des poissons et crustacés, de résister au développement des parasites comme certaines algues ainsi qu'à produire de l'oxygène et à filtrer les substances polluantes.

"L'océan est un grand recycleur, il absorbe les égouts et les recycle en substances nutritives, il retire les toxines de l'eau, produit de la nourriture et transforme le dioxyde de carbone (CO2) en élément de nutrition et en oxygène", souligne Steve Palumbi, un biologiste de l'université Stanford (Californie, ouest) et co-auteur de ces travaux.

Pour cette étude, les chercheurs ont fait la synthèse de toutes les données couvrant mille ans d'histoire marine, celles provenant d'études dans 48 zones marines protégées et des statistiques mondiales sur la pêche de 1950 à 2003.

"Toutes ces données montrent aussi qu'il est possible d'inverser les tendances actuelles avant qu'il ne soit trop tard", estiment les auteurs de l'étude, déplorant toutefois "que seul 1% des océans soit protégé actuellement".

Au lendemain de la publication de cette étude l'organisation écologiste Greenpeace a réclamé vendredi l'inscription de près de la moitié des océans au titre de sanctuaires marins. "La surpêche et la pêche illégale détruisent nos océans à un rythme alarmant", a déploré Nilesh Goundar la porte parole de Greenpeace pour l'Australie, qui appelle à la mise en place d'une vaste zone de protection sur 40% des mers. 

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11 février 2013

Des moutons et des puces

Ce n'est pas Philis la puce sauteuse de Charlot, non. Ce sont les charlots de la puce ATP (à tout prix). Cliquez sur ce lien et en bas de page cliquez sur "des moutons ou des puces". Et lisez afin de vous informer même si vous avez l'impression que vous ne pouvez pas faire grand-chose. Lisez.

L'Homme devient un mouton grâce à des hommes cons (quand on est con, on est con) et le mouton devient un mouton-puce, toujours à cause des mêmes cons.

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=406

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Nos enfants nous accuseront

Voici une affaire qui nous concerne tous, SANS EXCEPTION ! La sortie en salle du film : "Nos enfants nous accuseront". 
Pour que ce film soit en salle (film qui dénonce les méfaits de la mauvaise alimentation et des pesticides), il faut qu'un maximum de personnes regardent la bande annonce dans les 2 jours qui suivent. C'est le nombre de visites dans les 2 jours qui fera emporter la décision de sa mise en distribution grandes salles. 
Faites le suivre rapidement, s'il vous plaît, à tous vos contacts, merci par avance. 
Voici la bande annonce à visionner et à transmettre : 
http://www.idph-videos.com/nos-enfants-nous-accuseront.htm

Dr JO

24 novembre 2007

PAPIER ECOLOGIQUE

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Développement durable
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Un papier écologique et équitable venu de Thaïlande


Illustration : Un papier écologique et équitable venu de Thaïlande Développement durable
 
Développement durable
Double A, marque du papetier thaïlandais Advance Agro, a développé un mode de production du papier intégré, depuis la plantation des arbres jusqu'à la distribution du papier. Un procédé qui lui permet de contrôler et de réduire les impacts sur l'environnement et de fournir un revenu supplémentaire aux paysans.

L'idée qu'un papier respectueux de l'environnement est forcément moins blanc, moins lisse, trop fin, est devenue obsolète. Le papier Double A, commercialisé depuis 2001 en Europe, mais discret jusque là sur ses performances environnementales, bat en brèche les critères habituels en mettant sur le marché un papier écologique de qualité (80 g) blanc et lisse, véritable concurrent des papiers traditionnels. Suspect ? Surtout innovant, le procédé du Thaïlandais Advance Agro, qui s'annonce comme le principal producteur de pâte à papier et de papier d'Asie du Sud-Est , fait tomber une à une les objections environnementales et sociales que l'on peut avoir envers cette industrie. Le fait le plus marquant est que son usine ne participe pas à la déforestation. On sait, par exemple, que 80% du bois coupé en Tasmanie part en papier pour les Japonais. Et que ce bois, provenant d'eucalyptus de plantation a été précédé d'un rasage au napalm des forêts anciennes primaires. Plus largement, environ 40% du bois commercialisé au monde, l'est pour le papier. Et cette consommation devrait grossir de 50% d'ici 2010, selon FSC Allemagne. Le procédé d'Advance Agro, s'il fait appel aux eucalyptus de plantation n'a rien à voir avec les méthodes australiennes destructrices.

 UN ACTEUR DE POIDS COMPARABLE AU FSC


Le label FSC est pour l'instant l'alternative écologique la plus connue aux papiers recyclés, pour répondre aux besoins en fibres vierges. Cependant, ce label ne certifie pas le procédé industriel de fabrication du papier, souvent polluant, mais simplement un pourcentage de fibres provenant de forêts durablement gérées. Ce label, parfois contesté sur certaines plantations, comme au sud Brésil, reste le plus internationalement reconnu. Le papier FSC représente 5% du marché européen du papier impression-écriture, soit 300 000 tonnes avec un taux de croissance de 38% prévu en 2008 (source : FSC France). Sur le marché de l'emballage, la demande s'amorce. A titre de comparaison, Double A produit 600 000 tonnes de papier par an et est commercialisé dans 90 pays. En France, le papetier a noué des partenariats de distribution avec les principaux acteurs du marché comme les papeteries d'Avor, Liogier Buro+, Axellium Garonor ou encore La Victoire. La société qui communique depuis deux ans seulement sur ses critères écologiques répond à une demande des distributeurs en la matière.

Boucle locale vertueuse

Advance Agro a développé un modèle économique original et innovant depuis 1989 avec les paysans Thaïlandais. Plutôt que d'importer de la pâte à papier de forêts de l'autre bout du monde, comme on le fait en Europe, Advance Agro crée sa propre matière première en cultivant des pousses d'eucalyptus qu'il vend aux paysans. Ces derniers les plantent sur les bandes de terre qui séparent leurs parcelles de riz, des talus habituellement non exploités. Ces eucalyptus australiens ont été améliorés par hybridation, afin qu'ils poussent en trois à quatre ans (au lieu de sept à dix) dans les conditions humides de la péninsule thaïlandaise. Advance Agro a investi vingt ans de recherche et développement dans cette espèce d'arbres. Le million de paysans indépendants qui les cultivent en retirent une ressource complémentaire non négligeable, revendant 4 euros environ, un arbre qui leur a coûté 30 centimes. " Nous garantissons un prix minimum pour les garder comme fournisseurs et nous nous ajustons au prix du marché ", préciseThirawit Leetavorn, vice-président exécutif.

Ajoutons à cela que dans l'usine, certifiée ISO 14001, les eaux usées sont doublement traitées et utilisées pour l'irrigation des arbres. " Nous élevons des poissons dans le dernier bassin de décantation et nous les mangeons " affirme le représentant thaïlandais. Par ailleurs, les rejets sont suivis de près par les autorités. Si le procédé de fabrication n'est pas exempt de produits chimiques, le blanchiment du papier se fait sans chlore. En outre, la consommation d'eau a été réduite par dix grâce des innovations et l'usine couvre ses besoins  par un immense réservoir de sa construction. Le cycle est bouclé aussi d'un point de vue énergétique : la matière organique qui forme les déchets de papeterie, notamment la liqueur noire, est transformée en carburant pour faire de la vapeur, qui alimente une centrale électrique interne à l'usine, de 1000 méga watts. " Nous réfléchissons à intégrer le marché des émissions de carbone " ajoute Thirawit Leetavorn. En attendant de faire son bilan carbone, l'entreprise est en négociation avec le label FSC. Le Forest Stewardship Council est un Conseil (composé d'ONG environnementales, industriels et peuples indigènes de forêts) qui certifie la bonne gestion forestière et la traçabililté d'une filière. Le modèle Double A ne rentre pas dans leur grille d'évaluation puisqu'il n'y a pas ici de forêt. Cela dit, le label a développé la marque " FSC plantation " à laquelle Double A pourrait peut-être prétendre. " Nous allons même plus loin socialement que les grandes plantations puisque nous laissons aux exploitants la propriété de leurs terres. Le fermier est libre de la gérer, de la vendre ou de la donner à ses enfants " précise Thirawit Leetavorn. En outre, les plantations en lignes de Double A ne posent pas le problème de perte de biodiversité et d'appauvrissement des sols qui caractérisent la monoculture d'eucalyptus sur de grandes surfaces.



Hélène Huteau
Mis en ligne le : 14/11/2007





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06 octobre 2007

ARGENTINE ET ENTREPRISES POLLUANTES

Enfin une initiative qui devrait s'avérer efficace à condition qu'elle se poursuive et que les contrôles soient annuels voire semestriels et de plus en plus stricts!

Pollution

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Développement durable
Société \ Environnement \ Pollution

 

Argentine : les autorités 

traquent les entreprises 

polluantes


Illustration : Argentine : les autorités traquent les entreprises polluantes Développement durable
La rivière Riachuelo-Matanza
Développement durable
Après des années de laisser faire environnemental, les autorités ont décidé de contrôler les entreprises sur le  respect de la législation environnementale. Elles multiplient les actions contre les entreprises du bassin de la rivière Riachuelo-Matanza (Buenos Aires), dès le moindre constat de non-conformité. Plusieurs multinationales sont concernées.

Longue de 64 kilomètres, la rivière Matanza Riachuelo est un élément central de l’écosystème urbain du grand Buenos Aires. Son bassin versant débute à l’ouest de la capitale argentine, pour se jeter dans l’estuaire Rio de la Plata en traversant 14 communes, qui comptent 3,5 millions d’habitants. Ses rives et ses abords immédiats sont également le centre de la plus grande concentration industrielle d’Argentine, avec 3500 usines implantées.
Depuis maintenant plus d’un siècle, le niveau de pollution du bassin de cette rivière inquiète tant les riverains que les autorités compétentes. Bien que les principaux rejets d’eaux usées proviennent des quartiers d’habitation, la pollution industrielle a retenu l’attention. Opérant dans des secteurs  aussi divers que les tanneries, la pétrochimie, l’agroalimentaire ou l’acier, 1200 usines sont en effet implantées sur les berges du Matanza Riachuelo et, pour certaines, rejettent depuis des décennies et sans aucun traitement préalable, des effluents contaminés dans la rivière.
Le seuil de pollution du bassin a atteint un tel niveau que le gouvernement Kirchner a décrété fin 2006 l’état d’urgence environnemental, et a demandé au congrès argentin de créer une autorité de régulation du bassin. Pour la première fois dans l’histoire de l’Argentine, cette autorité rassemble des représentants des trois juridictions distinctes ( locales, provinciales et fédérales ) qui dictent la réglementation environnementale du pays et à donné au secrétariat d’état à l’environnement autorité pour contrôler, redresser ou fermer, toutes les entreprises dont les émissions polluantes ne seraient pas en conformité avec la législation en vigueur.

Clarifier les régulations environnementales

Lors de sa prise de fonction comme Sécrétaire d’Etat à l’Environnement et au Développement Durable (SAYDS), Romina Picolotti, a fait de l’harmonisation des régulations environnementales une priorité de son administration. Cette avocate de formation et ancienne dirigeante du CEDHA, une ONG de défense des droits de l’homme et de l’environnement, a travaillé sur les différents aspects de la législation environnementale. « Faute de régulations unifiées, les industries opérant sur le bassin de la rivière faisaient face à des régulations désordonnées et asymétriques émises par trois niveaux de gouvernement, » rapporte Jorge Daniel Taillant, le président du CEDHA. « Cela rendait le contrôle, le suivi et même le respect des lois environnementales quasiment impossibles. » Le 13 août 2007, après six mois de négociations, les trois niveaux de gouvernement travaillant sur le Plan de nettoyage du bassin de la rivière Matanza Riachuelo rendaient publique une unification normative pour les effluents industriels et la qualité de l’air. Cette réglementation encadre de  manière précise 34 substances toxiques dont le plomb, les pesticides, l’arsenic ou les cyanures. Avec ces dispositions, les autorités environnementales argentines pouvaient lancer la traque aux entreprises polluantes.

Fermetures d'usines

Depuis le mois juillet 2006, les inspecteurs de la SAYDS ont ainsi procédé à plus de 1500 inspections des industries implantées le long du Riachualo et ont révoqué les permis d’exploitation de plus de 200 entreprises, de façon temporaire ou définitive, pour des manquements aux lois sociales et environnementales du pays. Intensifiant ses activités, l’agence a procédé à quelques coups d’éclat. L’usine Danone installé à Longchamps s’est ainsi vue imposer une fermeture « préventive partielle » pour certaines de ses installations, sans toutefois que cela ne perturbe sa production. Le groupe agroalimentaire français a pu reprendre des activités 3 jours plus tard, après s’être mis en conformité avec la législation argentine. Si cette fermeture portait essentiellement sur des aspects techniques, il n’en était pas de même pour celle de la raffinerie de Shell. Début septembre, le SAYDS a ordonné au groupe anglo-néerlandais de cesser, jusqu’à nouvel ordre, l’ensemble des exploitations de sa principale raffinerie dans le pays pour graves violations environnementales. « 700 des 1200 unités de stockage sur le site n’étaient pas en conformité avec la loi ou n’avaient pas été déclarées du tout, » rapporte Jorge Daniel Taillant. « L’usine pompait, de plus, 18 400 000 litres par heure sans aucune autorisation et disposait de conditions inacceptables de gestion et de stockage des déchets toxiques. » Après 7 jours de fermeture et de négociations, le groupe Shell s’est engagé à investir 60 millions de dollars dans l’amélioration des conditions environnementales de son unité de production.

A total, plus de 40 fermetures totales ou partielles, temporaires ou définitives, ont été imposées à des entreprises nationales et mondiales. L’agence de l’environnement entend faire évoluer l’attitude des entreprises à l’égard de la pollution et faire passer un message fort sur la fin de l’impunité des pollueurs dans le bassin de la rivière Matanza Riachuelo. Elle espère également avoir un impact sur les sociétés implantées dans d’autres régions du pays, dans lesquelles elle ne dispose que de faibles moyens d’actions.



Pierre-Marie Coupry
Mis en ligne le : 01/10/2007

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17 septembre 2007

LES ABEILLES ENCORE ET TOUJOURS

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Développement durable
Société \ Environnement \ Ressources naturelles

Les abeilles disparaissent, l’écosystème vacille


Illustration : Les abeilles disparaissent, l’écosystème vacille Développement durable
 
Développement durable
Sans abeilles pas de futur. C’est en substance ce que plusieurs associations d’apiculteurs clament haut et fort. D’autant plus fort que, depuis quelques années, une curieuse épidémie touche les butineuses, qui fuient la ruche sans laisser de traces. Les conséquences d’une éventuelle éradication des abeilles seraient bien plus graves qu’une simple pénurie de miel…

Tous racontent la même chose. Des ruches vides, pas même occupées par de nouveaux habitants. Mais surtout, l’absence de cadavres aux alentours du lieu du crime. Le phénomène a d’abord été observé aux Etats-Unis, puis en Europe, en particulier en Espagne, et plus récemment à Taïwan. « Les apiculteurs sont désemparés » avoue Yves Goïc, président du Centre national du développement apicole (CNDA). Ce qu’on appelle aujourd’hui “colony collapse disorder”, “syndrome d’effondrement des ruches” ou encore “phénomène Marie-Céleste”, c’est la disparition de millions d’abeilles de part le monde, qui fuient vraisemblablement leurs ruches pour aller mourir.
Ce mystère a permis de médiatiser un problème pourtant déjà ancien, celui de la mort massive des apidés. En France et en Allemagne, 30% des colonies sont décimées chaque année depuis 1995. Les abeilles sont en effet très sensibles, et la moindre modification de leur environnement est déjà un problème. Expliquer l’hécatombe des dernières années ne sera donc pas une mince affaire. Jean-Marc Bonmatin, chercheur en biophysique moléculaire au CNRS, évoque plusieurs hypothèses : le changement climatique, le manque de nourriture, l’utilisation excessive et mal contrôlée des pesticides, et le développement de maladies nouvelles. « Je n’aime pas parler d’origine multifactorielle, explique-t-il, mais plusieurs causes peuvent interagir ». Une intoxication faible mais régulière aux pesticides peut provoquer, par exemple, un affaiblissement à long terme des butineuses, qui deviennent plus sensibles aux maladies. Pierre Zagatti, entomologiste à l’INRA, chargé de mission à l’Institut français de la biodiversité (IFB), explique également que l’amendement azoté, utilisé comme fertilisant, a entrainé une diminution des cultures de légumineuses, privant les insectes de nourriture en hiver.

Plus de miel, mais surtout plus de plantes

Quelle qu’en soient ses causes, aux dires de nombreux entomologues, le problème est plus concret qu’il n’y parait, et ses conséquences sérieuses. Les associations et syndicats d’apiculteurs pointent du doigt les firmes phytosanitaires, qui répondent en blâmant l’incompétence des éleveurs. « Quand un phénomène est aussi inquiétant que celui-ci, la communication se fait de manière passionnelle » admet Yves Goïc. D’autant plus que la filière mellifère est directement menacée. En France, l’industrie fait travailler 20000 personnes donc 2000 apiculteurs professionnels, mais on compte également 98000 éleveurs amateurs. « C’est réellement une situation alarmante pour l’apiculture, car l’abeille domestique est de loin la plus menacée de disparition » insiste Pierre Zagatti. Justifiée, donc, la colère des syndicats d’apiculteurs, mais pas seulement pour des raisons économiques.
Une abeille butine près de 700 fleurs par jour. Derrière ce chiffre impressionnant, se cache un travail crucial : la pollinisation. Il y a 120 millions d’années, les ancêtres des abeilles permettaient déjà aux fleurs mâles et femelles d’une même espèce de se féconder. Aujourd’hui, près de 80% des cultures agricoles ont besoin des insectes pour être pollinisées, et environ trois quart d’entre elles le sont par les abeilles.

 L’UNAF RÉCLAME L’ATTENTION DU GRENELLE


Dans une note à l’attention des groupes de travail du Grenelle de l’environnement, l’UNAF tire la sonnette d’alarme. Outre le classement de l’abeille comme espèce protégée, l’association réclame la mise en place de pénalités financières « en cas de destruction et d’intoxication de colonies d’abeilles ». Elle espère également la généralisation des jachères apicoles, c’est-à-dire des cultures de plantes mellifères en alternance avec des cultures agricoles classiques, ainsi qu’une diversification des ces plantes mellifères. Enfin, l’UNAF encourage l’interdiction de l’utilisation de désherbants chimiques dans les lieux où ils ne sont pas indispensables (routes et voies ferrées), et la plantation de haies le long des routes. La biodiversité fait partie des thèmes abordés au Grenelle ; reste à savoir si les abeilles sont prioritaires dans l’esprit des intervenants.



On estime que plus de 20000 plantes sauvages sont sauvegardées en Europe grâce à l’action des abeilles. Les butineuses permettent également aux pollens de différentes espèces de se rencontrer, assurant ainsi un rôle dans la diversification des plantes. Au-delà des conséquences économiques directes pour le secteur de l’apiculture, l’agriculture mondiale serait elle-même menacée à long terme.

Un cercle vicieux environnemental

« Si demain, les abeilles s’éteignent, on peut s’attendre à voir disparaitre 60% des fruits et légumes » estime Yves Goïc. Sans compter les plantes que nous ne consommons pas, et qui peuvent paraitre secondaires du point de vue économique. Sans elles, pourtant, c’est l’équilibre de la chaîne alimentaire qui vacille. Les abeilles elles-mêmes ont besoin d’une diversité de plantes, de façon à pouvoir butiner toute l’année. « Il y a de moins en moins de fleurs à nectar dans les jardins. Or ce sont ces fleurs qui sont butinées par les insectes » explique Pierre Zagatti. Il y a alors de moins en moins d’abeilles dans les jardins, et ainsi de suite. Le problème, hélas, ne se limite pas aux seules butineuses : tous les insectes sont menacés. « Le rôle des abeilles a été gonflé par le lobby des apiculteurs, ajoute-t-il. Mais elles ne représentent qu’une part des insectes pollinisateurs ». L’urgence concerne donc le miel, mais à moyen terme c’est l’agriculture mondiale qui est menacée, et avec elle la biodiversité.
L’un des espoirs réside dans la collaboration entre apiculteurs et agriculteurs, car « aujourd’hui, la recherche agronomique n’est pas prête à proposer des espèces qui n’ont pas besoin de pollinisateurs pour se reproduire », affirme Yves Goïc. Il s’agit également d’adapter les produits phytosanitaires et leur utilisation aux sensibilités des insectes. Pierre Zagatti met également en cause la politique apicole française des dernières années. « On a privilégié une certaine race de reines pour des raisons de productivités, au détriment de la biodiversité. A long terme c’est dangereux », explique-t-il. De son côté, l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) demande que soit abordée au Grenelle de l’environnement la question de la protection des butineuses. Jean-Marc Bonmatin, lui, est plus confiant pour les insectes : « Les abeilles nous survivront. Mais nous, on va payer cher notre comportement trop laxiste avec la nature ».



Rouba Naaman
Mis en ligne le : 12/09/2007





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LES PETROLEOS MIS EN ECHEC

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En Equateur, les indigènes refusent le pétrole


Illustration : En Equateur, les indigènes refusent le pétrole Développement durable
 
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Ils sont deux mille Amazoniens à avoir mis en échec les petroleos qui avaient programmé l’exploitation pétrolière de leurs terres, unique source de vie pour ces communautés. Cette action radicale se poursuit aujourd’hui et sert d’aiguillon pour les indigènes équatoriens qui revendiquent leur droit à la terre. Reportage.

Au lieu du rendez-vous avec « le peuple rebelle de la forêt », un jeune policier, crosse de fusil au sol, est en faction. « Depuis 2006, l’Etat est dans l’obligation d’assurer notre sécurité, mais nous ne savons pas si cela serait efficace en cas de problème », observe le jeune guide queschua de l’agence de tourisme communautaire Papangu Tourisma. « Notre restaurant ainsi que l’office de tourisme ont brûlé en une nuit, il y a quatre ans. L’enquête n’a pas déterminé qui était responsable ». Depuis, la communauté de Sarayacu n’a plus de grands locaux dignes de ce nom à Puyo, bourgade de plusieurs milliers d’habitants située dans la province de Pastaza au Piémont andin. En aval, la forêt amazoniennes abrite notamment les 134 000 hectares du territoire Sarayacu où vivent deux mille Queschuas.

Entrés en résistance contre les firmes pétrolières dès les années 90, ils ont donné leur nom aux "accords de Sarayacu". En échange de la libération de son médiateur, Arco USA, une entreprise pétrolière à qui l’Etat équatorien avait concédé en 1988 une exploitation, a reconnu le droit à la terre exigé par les indigènes. Et c’est entre autre sous la pression d’une grande marche revendicative partie de Puyo pour rejoindre Quito en juin 1990, que l’Etat a fini par inscrire en 1998 leurs droits collectifs dans la Constitution. (1). Fort de cette avancée, la communauté a ensuite montré une opposition « ferme et pacifique » et a commencé à faire respecter ses droits.

Mais en 2002, la tension monte. Les entreprises pétrolières soutenues par le gouvernement équatorien  se montrent plus agressives, et notamment la Compagnie générale des combustibles d’Argentine, qui avait décroché en 1996 une concession de 200 000 hectares occupant la presque totalité du territoire de Sarayacu. Se furent alors sortie forcées, divisions des organisations indigènes, intimidations, usage de la force publique et même occupation militaire du territoire lors de l’Etat d’urgence en 2002. En 2003, les rivières sont bloquées, paralysant la voie de transport et d’avitaillement des communautés, des habitants sont capturés, torturés et menacés de mort, des dirigeants agressés. « Pendant quatre ans nous avons résisté de tout notre force », explique Patricia Gualinga,  coordinatrice de l’Apar, l’Allienza de los pueblos amazonicos en resistenzia. «Organisés, les habitants avaient l’avantage de connaître leur territoire. Lorsque les employés des firmes pétrolières venaient pour explorer le sous sol, des groupes de femmes avec des pierres se mettaient devant les militaires », se souvient-elle.

Soutien des ONG internationales

Si certaines communautés de la province ont fini par signer des accords avec les petroleros en échange d’un développement local (services de santé, indemnisations pour les dommages environnementaux), ceux de Sarayacu refusent catégoriquement la présence pétrolière. Ils ont reçu pour cela l’appui d’ONG internationales comme Greenpeace, Amnesty international, des ONG belges, suisses, allemandes et françaises comme Paroles de nature. Résultat : la  CGC d’Argentine a suspendu son activité en mars 2003 et la Confeniae -confédération des indigènes d’Amazonie équatorienne- a retiré en mai 2004 son soutien au président Gutierrez, renversé un an plus tard. Cette communauté a même attaqué l’Etat équatorien devant la Commission inter-américaine des droits de l’homme, qui s’est prononcée en leur faveur. Le 4 septembre dernier,  le gouvernement équatorien s’est engagé à respecter la recommandation de cette Cour : retirer des puits les dynamites prévus pour l’exploration.

« Maintenant, tout le monde en Equateur connaît notre peuple  comme un peuple digne et rebelle », poursuit Patricia Gualinga. Sans parler de leur lutte qui sert de modèle à dans d’autres cas de conflits territoriaux comme dans les Andes avec des entreprises minières et dans la province voisine du Pastaza face à la société pétrolière française Pérenco.
Dionisio Machao, chamane, président de la communauté de Sarayacu fraîchement élu, affirme que la communauté n’est pas divisible parce que très soudée et organisée. Au gouvernement Sarayacu, les grandes décisions se prennent en conseil et dix-sept dirigeants ont en charge des secteurs comme la transmission du savoir traditionnel par l’éducation. Dans ce domaine, il se félicite de la trentaine de professeurs diplômés et évoque le projet « Ataya », un conservatoire de plantes et d’arbres, lieu sacré de transmission qui pourrait être visible par satellite. Un symbole pour le peuple de la forêt qui, « sans ressources naturelles, perd sa qualité de peuple indigène ». A l’occasion  des élections du 30 septembre prochain, provoquées par le président socialiste Rafael Correa et qui désigneront les concepteurs de la prochaine constitution, la communauté veut présenter un candidat. Elle veut aussi y rassembler les communautés qui ont signé des accords avec les entreprises pétrolières. « Nous voulons faire avancer les projets de loi sur la sécurité de la vie, le droit humain des indigènes et leurs cultures. »

1) Maintenir, développer et fortifier leur identité et leur traditions spirituelle, conserver la propriété imprescriptible des terres communautaires et maintenir leur possession ancestrale, participer à la conservation des ressources naturelles renouvelables, être consultés sur les plans et les programmes de prospection et d’exploitation des ressources non renouvelables...



Gwénaël le Morzellec
Mis en ligne le : 12/09/2007



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13 septembre 2007

LES ABEILLES NOUS ABANDONNENT

Les abeilles nous abandonnent

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

Des millions de ruches, jadis occupées par des milliards d'abeilles, se sont mises à disparaître depuis quelques mois. L'épidémie, d'une rapidité et d'une ampleur quasi-explosive, pourrait très bien ébranler les bases de notre civilisation.

Mise à jour du 07/09/07 : Vos réactions à ce sujet qui, manifestement, vous passionne, ainsi que de nouvelles informations, nous ont incités à aller plus loin pour mieux comprendre cette inquiétante énigme. Nous avons interrogé Bernard Vaissière, de l'Inra, un des très rares spécialistes de la pollinisation par les insectes, qui remet quelque peu les pendules à l'heure, sans pour autant minimiser la gravité du problème.

Le phénomène a débuté dans un seul élevage de Floride il y a à peine un an. Puis l'épidémie s'est répandue de ruche en ruche, jusqu'à s'étendre à l'ensemble des Etats américains et du Canada, avant d'atteindre l'Europe et même Taïwan en avril 2007.

L'aspect de cette catastrophe écologique est déroutant. Aucun cadavre d'abeille n'est retrouvé, et les ruches abandonnées sont vides d'occupants. On n'y découvre même pas les parasites d'habitude si prompts à les réoccuper ensuite. Tout se passe comme si les insectes quittaient leur habitat en masse pour une destination inconnue sans jamais y revenir. En France, où les apiculteurs se remettent à peine des ravages causés par le tristement célèbre "Gaucho", un pesticide jadis répandu dans les champs de maïs et  de tournesol, les disparitions ont repris en force.

La sirène d'alarme

Ce n'est pas une sonnette d'alarme mais une sirène que les scientifiques actionnent… ou tentent d'actionner. Car 80 % des plantes ont absolument besoin des abeilles pour être fécondées, et sans elles, il n'y a plus de production de fruits ou de légumes possible. Rien qu'aux Etats-Unis, où le nombre de ruches en "vie" s'est effondré de 2,4 millions à 900 000, 90 plantes destinées à l'alimentation humaine sont exclusivement pollinisées par les butineuses, ce qui représente une valeur annuelle de 14 milliards de dollars.

Les scientifiques, qui ont donné le nom de "colony collapse disorder" à ce syndrome d'effondrement, tentent de trouver une explication. Suivant le professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario, "Des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles". Selon lui, les insectes sont aussi directement ou indirectement victimes de l'efficacité sans cesse accrue des nouvelles générations de pesticides, censées protéger la nature mais dont l'effet se révèlerait particulièrement pernicieux. Il cite en exemple la pratique de plus en plus courante qui consiste à enrober les semences d'insecticide de façon à éviter l'épandage. Le produit est ainsi incorporé dans toute la plante, depuis les racines jusqu'au pollen que les abeilles rapportent à la ruche en l'empoisonnant, ce qui explique aussi l'absence d'insectes "squatteurs" dans les ruches abandonnées: ils ne survivent pas.

Phénomène de cascade

L'emploi de ce type de pesticide à base d'imidaclopride, très contesté en France et aux Etats-Unis mais pourtant autorisé par l'Union Européenne, attaque le système immunitaire des abeilles qui deviennent vulnérables aux parasites. La preuve semble en être établie par la découverte d'une demi-douzaine de virus, microbes, mais aussi de champignons parasites dans les quelques abeilles survivantes de quantité de ruches agonisantes. Ce produit est distribué par Bayer sous plusieurs appellations : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage entre autres.

L'origine de ces champignons parasites n'est pas un mystère, puisqu'ils sont eux-mêmes incorporés dans certains pesticides chimiques pour combattre les criquets, la pyrale du maïs et certaines teignes.

Il s'agit là d'un véritable effet de cascade, des agents infectieux destinés à combattre certains parasites profitant de la brèche ouverte dans le système immunitaire des abeilles et ainsi changer de cible, avec pour conséquence la destruction des cultures que ce produit était censé protéger.

Mais selon Joe Cummins, cet effet de cascade jouerait aussi entre ces champignons parasites volontairement répandus et les biopesticides "naturellement" produits par les plantes LarveChez les animaux en général, forme jeune dont la morphologie, et souvent le mode de vie, sont très différents de l\'adulte (tétard/grenouille ou crapaud par exemple).
Chez les insectes, état précédant l\'état imaginal (insecte à métamorphoses incomplètes comme le forficule) ou l\'état nymphal...');" onmouseout="killlink()">larves
de pyrale du maïs infectées par le champignon Nosema pyrausta sont 45 fois plus sensibles aux infections que les larves saines, une constatation qui est à mettre en parallèle avec l'effondrement du système immunitaire des abeilles. "Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l'évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d'autres éléments dévastateurs", ajoute-t-il en guise de conclusion.

L'importance des abeilles dans l'écosystème est telle qu'il y a un demi-siècle déjà, Albert Einstein avait estimé que si cet insecte venait à disparaître du globe, l'espèce humaine disparaîtrait au bout de quatre années. La sirène d'alarme pourrait se transformer en tocsin.

 

Apis mellifera, la principale abeille domestique européenne. Crédit John Severns.

Apis mellifera, la principale abeille domestique européenne. Crédit John Severns.

 

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08 septembre 2007

DISPARITION DES ABEILLES

LES ABEILLES SONT SURTOUT VICTIMES DE L'ARROGANCE ET DE L'ORGUEIL DU GENRE HUMAIN QUI N' A RIEN D'UN HOMO SAPIENS.

SIGNEZ LA PETITION AFIN DE SAUVER LES ABEILLES SUR LE SITE:

http://www.sauvonslesabeilles.com

 


 

 

 

 

Par Maggie Fox Reuters - Jeudi 6 septembre, 22h37 

 

WASHINGTON (Reuters) - Un virus récemment découvert pourrait être mortel pour les abeilles, ou du moins favoriser leur disparition, affirment des scientifiques américains.

 

Ce virus n'est probablement pas le seul responsable de ce que les spécialistes appellent "phénomène d'effondrement des colonies" (Colony collapse disorder, CCD), mais pourrait aider à comprendre quel mal frappe les abeilles dans tous les Etats-Unis, ont rapporté les chercheurs.

 

Baptisé "Virus israélien de la paralysie aiguë" (IAPV), le virus, inconnu jusqu'alors, a été découvert en Israël en 2004.

 

Selon des estimations, 23% des apiculteurs américains ont constaté dans leurs ruchers des disparitions brutales d'abeilles lors de l'hiver 2006-2007.

 

"Ces apiculteurs ont perdu près de 45% de leurs abeilles", peut-on lire dans le rapport des chercheurs, publié par le journal Science.

 

Les apiculteurs ne retrouvent pas leurs abeilles mortes. Les ruches sont simplement presque vidées de leurs ouvrières, seules restant les reines.

 

Ce phénomène touche également l'Europe et le Brésil. Les abeilles, outre la production de miel, sont fondamentales dans la pollinisation de nombreuses cultures céréalières, fruitières ou maraîchères.

 

En examinant des abeilles du monde entier et des échantillons de gelée royale, l'équipe du Dr Ian Lipkin, de l'université Columbia à New York, a découvert plusieurs bactéries, virus et moisissures qui affectent les abeilles.

 

PLUSIEURS PISTES ENVISAGÉES

 

Seul l'un des virus était systématiquement présent chez les abeilles issues de ruches dont les populations s'étaient effondrées : l'IAPV.

 

Cause ou effet ? Il reste encore à déterminer si l'IAPV est bien le responsable des disparitions massives d'abeilles, ou si, au contraire, ce sont ces disparitions qui favorisent son apparition chez les insectes.

 

Il faudra pour le savoir inoculer le virus dans des ruches saines et voir comment la population d'abeille réagit.

 

Jeffrey Pettis, chercheur spécialisé dans l'apiculture pour le département américain de l'agriculture, a rappelé qu'il ne s'agissait que d'une des pistes envisagées pour expliquer le phénomène des disparitions.

 

"Je continue à penser que plusieurs facteurs sont impliqués dans (les effondrements de populations)", a-t-il précisé, évoquant les parasites et l'alimentation des abeilles.

 

L'IAPV est notamment véhiculé par le Varroa destructor, un minuscule acarien rouge qui affecte les abeilles aux Etats-Unis mais aussi en Europe et dans d'autres régions du monde.

 

De nombreuses pistes sont étudiées, mais certaines avec moins d'urgence que les autres.

 

"Nous avons très peu d'indications que les radiations des téléphones portables ont un impact sur les abeilles", a estimé Diana Cox-Foster, entomologiste à l'université d'Etat de Pennsylvanie.

 

Des tests ont également montré que les cultures d'OGM ne rendaient pas les abeilles malades, mais que les pesticides augmentaient leur stress.

 

Quant à la disparition des abeilles, il est possible que leur système d'orientation, déréglé, les empêche de regagner la ruche.

 

Autre hypothèse, Cox-Foster pense qu'il est également possible qu'une abeille malade évite délibérément de retourner dans la ruche, afin de ne pas contaminer ses congénères.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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