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Des explorateurs plantent le drapeau de la Russie à 4 km sous le pôle Nord

 Par Karim TALBI AFP - Jeudi 2 août, 14h46

MOSCOU (AFP) - Des explorateurs russes ont planté jeudi un drapeau de la Russie au fond de l'océan Arctique, à plus de 4.000 mètres sous le pôle Nord, au terme d'une expédition présentée comme pionnière et symbolique des velléités territoriales de Moscou sur l'Arctique et ses hydrocarbures.

Le sous-marin de poche Mir-1, équipé d'un bras mécanique, a dressé un drapeau en titane d'un mètre de hauteur et aux couleurs de la Russie à la verticale du pôle nord, a annoncé Vladimir Strougatskï, un membre de l'expédition cité par l'agence Itar-Tass.

Ce bathyscaphe, ainsi que le Mir-2, avait atteint plus tôt le fond de l'océan Arctique, but de leur mission.
Le Mir-1, bathyscaphe de tête, s'est "posé" à 4.261 m de profondeur. Le second mini sous-marin a atteint 4.302 m des grands fonds de l'océan Arctique (4.000 à 5.000 m de profondeur).
"Nous avons touché le fond en douceur, autour de nous il y a un sol jaunâtre, mais nous ne voyons pas d'habitants des profondeurs marines", a déclaré, lyrique, Evgueni Tcherniaïev, le pilote de Mir-2.
La réussite de la mission, présentée comme une première par les Russes, avait été annoncée par la chaîne publique russe Vesti 24, qui dispose d'un journaliste en surface, sur le bateau Akademik Fedorov.
Les explorateurs, deux députés et un scientifique russes mais aussi un homme d'affaires suédois, ont mis deux heures à descendre dans les eaux de l'océan Arctique. Après une pause à 1.300 mètres pour tester la résistance du bathyscaphe, ils se sont enfoncés jusqu'au fond de la mer.
L'équipage doit mener des expériences scientifiques, prendre des échantillons du fond marin et de l'eau, mais aussi laisser une capsule contenant un message pour les générations futures.
L'expédition, arrivée mercredi sur le lieu de plongée, était partie le 24 juillet de Mourmansk, une ville portuaire sur la mer de Barents.
Deux bateaux russes, le navire de recherche Akademik Fedorov et le brise-glace à propulsion nucléaire Rossia qui l'escorte, ont été appareillés pour cette mission aux visées scientifiques, mais aussi politiques.
"Toucher le fond à une telle profondeur, c'est comme faire le premier pas sur la lune", avait déclaré le vice-président de la Douma, Artour Tchilingarov, qui dirige l'expédition, cité par l'agence Ria Novosti.
Au-delà de l'intérêt scientifique, l'expédition Arctique 2007 entend rappeler les visées russes sur le contrôle de ces territoires, disputés avec d'autres pays, dont les Etats-Unis, et qui pourraient être riches en pétrole et en gaz.
Selon le US Geological Survey, l'agence gouvernementale scientifique spécialisée dans les hydrocarbures, 25% des ressources mondiales de pétrole se trouvent au nord du cercle polaire.
Avant de partir pour le pôle, Artour Tchilingarov avait estimé que l'expédition aiderait la Russie à avancer dans la revendication de ces régions. "L'Arctique est à nous et nous devrions y montrer notre présence", avait-il déclaré.
Dans un discours prononcé en mai, le président russe Vladimir Poutine avait promis que des efforts seraient faits pour préserver les "intérêts stratégiques, économiques, scientifiques et de défense de la Russie" dans l'Arctique.
Les scientifiques espèrent pouvoir établir qu'une partie du fond sous-marin passant par le pôle Nord, connu sous le nom de "dorsale Lomonossov", est en réalité une extension géologique de la Russie et que Moscou pourra la revendiquer dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
En 2001, Moscou avait déposé une requête en ce sens devant une commission de l'ONU.
Plusieurs autres pays nordiques tentent d'étendre leurs droits aux ressources sous-marines situées au-delà de leur zone économique exclusive.
Depuis le début, les médias russes jouent la "course au pôle Nord" façon conquête de l'espace en rappelant abondamment qu'une expédition américaine est en route pour une autre zone de l'Arctique, la dorsale de Gakkel.